Chair de l'esprit et esprit de la chair chez Hegel, Schelling et Husserl

Natalie Depraz

pp. 19-42

Le concept phénoménologique d'incarnation est solidaire, quoique de façon médiate, de schemes théologiques prégnants (économiques comme trinitaires): voilà ce que l'on cherche ici à avérer, à la lumière d'un examen comparatif des pensées spéculatives hégélienne et schellingienne. La restitution d'une filiation conceptuelle entre idéalisme allemand et phénoménologie husserlienne conduit d'une part à inscrire l'aliénation incorporante hégélienne au compte d'une sensibilisation maximale du divin dont Merleau- Ponty présente la pointe phénoménologique extrême, d'autre part à voir dans le régime théophanique schellingien un creuset spéculatif possible de l'incarnation génétique husserlienne. Dans ce dernier cas, sensible et image ne s'opposent plus comme le concret et l'abstrait, mais l'apparaître charnel et l'imagination œuvrent de concert à la libération d'une incarnation phénoménologique inédite car dé-corporéisée, dont la «trans-parution» est l'apparaître renouvelé.

Publication details

Full citation [Harvard style]:

Depraz, N. (1996). Chair de l'esprit et esprit de la chair chez Hegel, Schelling et Husserl. Revue philosophique de Louvain 94 (1), pp. 19-42.

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