Terrain et théorie dans l'anthropologie allemande du XIXe siècle. Expériences polynésiennes

Céline Trautmann-Waller

pp. 57-79

Envisageant seulement en marge des séjours polynésiens plus connus comme ceux de Georg Forster et d’Adelbert von Chamisso, cette contribution se concentre sur trois « anthropologues » dont les recherches polynésiennes sont marquées par une certaine continuité : Georg Heinrich Langsdorff (1774-1852), Adolf Bastian (1826-1905) et Karl von den Steinen (1855-1929). Des problématiques telles que la diversité et l’unité de l’humanité, le rapport nature/ culture entrent en jeu ici, mais sont abordées plutôt dans une perspective méthodologique et pratique, en lien avec des rapports concrets. De Langsdorff à von den Steinen on passe d’un regard surplombant à la conscience d’une participation à un entre-deux complexe et non neutre, confrontant aussi les anthropologues au colonialisme. S’il existe donc une pratique du terrain dans l’anthropologie allemande dès Langsdorff, le terrain, loin de s’imposer comme une réalité brute dont il faudrait tenir compte en faisant abstraction de préjugés « théoriques », se dégage petit à petit en tant qu’instance à penser dans sa complexité, nécessitant une élaboration théorique propre, éminemment politique, que ce soit en termes de géopolitique, de responsabilité de l’anthropologue ou de rapports entre les sexes.

Publication details

DOI: 10.4000/rgi.321

Full citation:

Trautmann-Waller, C. (2009). Terrain et théorie dans l'anthropologie allemande du XIXe siècle. Expériences polynésiennes. Revue germanique internationale 10, pp. 57-79.

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