"L'interdit anthropologique" chez Husserl et Heidegger et sa transgression par Blumenberg

Jean-Claude Monod

pp. 221-236

La parution de l’ouvrage posthume de Hans Blumenberg, Beschreibung des Menschen (2007), incite à revenir sur les rapports complexes entre phénoménologie et anthropologie : on tente donc de rendre compte des raisons et des effets de ce que Blumenberg désigne comme un « interdit anthropologique » dans la phénoménologie, qui a substitué au référent « homme » une analyse en termes de « conscience » (chez Husserl) ou de « Dasein » (chez Heidegger) ; mais on essaye aussi de pointer les limites de cette « phobie de l’anthropologie » et des amalgames auxquels a procédé Heidegger entre anthropologie, anthropologisme et humanisme. Blumenberg, de son côté, a transgressé cet interdit, en traçant les linéaments d’une « anthropologie phénoménologique » qui redéploie les thèmes phénoménologiques de la visibilité, de la variation imaginaire et de la Lebenswelt, mais prend aussi appui sur certaines hypothèses de l’anthropologie philosophique de Gehlen et de Plessner pour poser à nouveaux frais le problème du Mängelwesen et de sa problématique « définissabilité ».

Publication details

DOI: 10.4000/rgi.336

Full citation [Harvard style]:

Monod, J.-C. (2009). "L'interdit anthropologique" chez Husserl et Heidegger et sa transgression par Blumenberg. Revue germanique internationale 10, pp. 221-236.

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