213677

Beauchesne, Paris

2019

pages

ISBN 978270102272

Recherches phénoménologiques

Renaud Barbaras

Les textes ici réunis correspondent à une importante période de maturation philosophique de l’auteur. Conscient du caractère crucial de la question de la chair pour la phénoménologie et perplexe devant la manière dont Merleau-Ponty l'élabore, Barbaras réfléchit le sens d'être du sujet : comment celui-ci peut-il être sous le même rapport, c'est-à-dire sans qu'il soit nécessaire d'introduire en lui la coupure du transcendantal et de l'empirique, appartenir au monde et s'en distinguer, être à la fois devant et au cœurdes phénomènes ? Avec Patočka, la critique radicale de l'intuitionnisme husserlien et du Dasein heideggérien le conduit à une détermination existentiale de l'existence et du corps propre comme mouvement. Mobilisant ses travaux sur la vie irréductible aux lois de la matière et à la conscience, l’auteur comprend ce mouvement du sujet comme celui de la vie même et définit tout vivant comme un existant. Le mouvement vivant par lequel les sujets phénoménalisent le monde s'inscrit dans un mouvement plus originaire du monde lui-même, oeuvre d'une archi-vie et renvoyant à une dynamique phénoménologique. Arrimant la phénoménologie à une cosmologie et à une métaphysique, Barbaras la conduit à s'interroger sur ses propres limites. Demeure alors la question du passage de l'apparaître anonyme du monde à l'apparaître à une conscience, de la physis au sujet, de l'archi-vie du monde à la vie des vivants. Rompant ici avec Patočka et écartant l’écueil du naturalisme, l’auteur assume la scission entre la physis proto-phénoménalisante et notre existence phénoménalisante : le mouvement subjectif résulterait d'une rupture au sein de l'archi-mouvement du monde et relèverait d'un pur événement. Par cet archi-événement scissionaire, le procès de la physis, se séparant de lui-même donnerait naissance à un sujet dont le mouvement serait nécessairement aspiration à une réconciliation avec soi, tentative de rejoindre l'archi-vie originaire, bref, désir. Celui-ci repose la question de l’unité originaire de la chair. En effet, la dualité qui structure toute la démarche de Barbaras, entre mouvement et événement, apparaît comme l’avatar ultime de la dualité conscience/monde ou sujet/objet ; elle vient buter sur l'épreuve du corps comme sa limite interne.

Publication details

Full citation [Harvard style]:

Barbaras, R. (2019). Recherches phénoménologiques, Beauchesne, Paris.

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